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Syndicat Potentiel Strasbourg

Lieu de création, de rencontres et d'expériences artistiques

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29 sept 2011 - 888 - Mio Chareteau, Georg Keller & Zosia Kwasieborska Keller, Jeanne Gillard & Nicolas Rivet



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Huit heures de travail. Huit heures de repos. Huit heures de loisirs (1). Étrange écho entre ces heures qui semblent s’enchaîner. Cette distinction des activités, loisirs, repos, travail, n’est réellement qu’apparente car elles participent toutes trois de la même nécessité – le repos moral et physique permettant en creux le retour permanent au travail. Trois réalités s’entrecroisent donc à la faveur convenue d’un seul dessein (2). Comme si en réclamant une égalité des temps s’affirmait paradoxalement une équivalence des tâches – un retour perpétuel à la case départ.

888 est une tentative de traduire différents symptômes équivoques du travail par l’acte performatif.
Cette proposition collective explore une approche oblique de ses dispositifs au travers de conduites qui imposent et inspirent un processus au corps.

Loin de dresser un portrait exhaustif de la discipline, le projet se concentre sur certaines activités de production qui prolongent le travail au-delà de son territoire officiellement circonscrit.
Les huit heures scandées par Mio Chareteau entraînent dans l’onde de la parole la cadence d’un temps segmenté. Georg Keller et Zosia Kwasieborska Keller questionnent la dimension idéologique du travail par le biais d’un reenactment, tandis que le dispositif Appendices de Jeanne Gillard et Nicolas Rivet explore l’oscillation indistincte d’une activité de production - entre labeur et passe-temps.


1. Scandé par Robert Owen en 1817.
2. Comme le représente le symbole des trois huit entrelacés qui
décorent les marches publiques de huit heures lors des revendications annuelles des travailleurs jusqu’au milieu du XXe siècle à Melbourne.


888
Mio Chareteau, Georg Keller & Zosia Kwasieborska Keller, Jeanne Gillard & Nicolas Rivet

Exposition performative de 8 heures
le 29 septembre 2011 de 12h à 20h

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Ajoutez cet événement dans votre calendrier

Au Syndicat Potentiel,
13 rue des couples à Strasbourg
T. +33 0(3) 88 37 08 72


Entrée libre



Projet888.jpg

Projet spécifiquement soutenu par la Ville de Genève, le Fond Cantonal d'Art contemporain Genève, la République et Canton de Genève, et par la Ville de Strasbourg, le Conseil Général du Bas-Rhin et le Ministère de la Culture - DRAC Alsace, partenaires du Syndicat Potentiel




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DAY-1
Mio Chareteau


La proposition de Mio Chareteau substitue à la cadence du temps une scansion qui s’accorde à son rythme. Le mouvement des secondes ordinairement orchestré par l’aiguille mécanique est dénombré à haute voix dans l’espace. Ce geste fait écho au rite oral des communautés monastiques qui établit le cycle des tâches et dont l’horloge constitue la forme perfectionnée. Vingt-huit mille huit cents petits battements scandés résonnent ainsi en permanence durant huit heures. A mesure que les cycles se répètent, l’imprécision de la scansion commence à prendre le pas dans le pli des absences. La répétition régulière des soixante secondes ôte le sens des nombres dans la simple vibration phonique de leur intonation.
Un dispositif d’enregistrement et de diffusion sonore dédouble la voix – prolongeant un accord d’amplitude entre deux corps sonores, entre le timbre et sa réplique. Un écart se creuse et se résorbe. De cet intervalle oscillant se dresse un rapport de force entre la voix de l’artiste et la découpe uniformisée du temps horloger.

Mio Chareteau (Genève/CH, *1973)

Formation

2008-2010 Master Fine Arts, HEAD, Genève
1995- Danse contemporaine avec Noemi Lapzeson, Mirjam Berns, Georges Appaix, Steve Paxton

Performances (sélection)

2011 - Swiss Art Awards, Messezentrum, Bâle
2010 -  Charhizma, Una.Casa, Buenos Aires, Argentine
2010 -  Biennale de performance Deformes, Museo de Arte Contemporaneo, Valdivia, Chili
2010 -  Ex-Corpus, galerie Ex-Machina, Genève 
2010 -  International Love Cabaret V.5, Urbanguild, Kyoto, Japon 
2009 -  Deneutralize, galerie ARTZONE, Kyoto, Japon 
2009 -  Digressions et détournements, Palais de l’Athénée, Genève 
2009 -  Festival de performance Rifrazioni, Nettuno, Italie



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Appendices
Jeanne Gillard et Nicolas Rivet


La communauté des “Non Entrée en Matière” - immigrants sur le sol suisse n’ayant aucun statut juridique - négligée officiellement par la confédération représente officieusement une ressource non négligeable de l’économie suisse. Une majorité des réfugiés venant de pays victimes d’affrontements ou de troubles politiques tentent de s’intégrer dans la seule voie offerte qui est le marché noir de la confédération. Ils participent alors à la force ouvrière sans pour autant avoir d’existence reconnue. L’économie et les droits de l’Homme ouvrent ainsi conjointement une parenthèse obscure de la démocratie. Ce statut décrit par le système suisse est avant tout une parabole de l’économie parallèle présente dans tout gouvernement. Économie qui s’engage à exister en marge tout en assurant la subsistance du quotidien publique.
Le projet Appendices s’inspire d’un procédé fréquemment utilisé en périodes de restriction. Il consiste à disposer, dans les caves et autres annexes de bâtiments, des vélos mis en mouvement par les citoyens comme source d’alimentation électrique d’un lieu. Or des dispositions écologiques actuelles en matière de consommation d’énergie incitent des institutions de luxe, tel que la chaîne d’hotel Crowne Plaza, à proposer des mesures similaires à leurs clients en utilisant les aménagements sportifs de l’hôtel
Le labeur et les loisirs sont ainsi associés dans une même activité. Appendices propose d’alimenter l’éclairage d’un lieu d’exposition par la force motrice de plusieurs pédaliers placés dans les locaux annexes du bâtiment – esquissant ainsi une économie parallèle et invisible. Une figure de l’oxymore se tisse entre la manifeste neutralité de la scène éclairée et la présence occultée de son activité humaine.


Jeanne Gillard (Besançon/FR, *1983)

Formation

2008-2010 Master Fine Arts, HEAD, Genève
2005-2008 DNAP, Villa Arson, Nice


Nicolas Rivet (Julienne/FR, *1983)

Formation

2009-2011 Master Media Design, HEAD, Genève
2002-2007 DNSEP, Villa Arson, Nice

Expositions collectives (sélection)

2011 -  Seeing The Capital, Perla-Mode, Zürich
2010 -  Full Vacuum, LiveInYourHead, Genève 
2010 -  Cygne Elephant, Frac Franche-Comté, Besançon
2009 -  Frictions, Piano Nobile, Genève
2009 -  Digressions et détournements, Palais de l’Athénée, Genève 
2009 -  Plateform 09, Unterwerk Selnau, Zürich
2008 - Thirty-two fingers, Programme Gallery, Berlin, Allemagne



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802 procent normy
Georg Keller et Zosia Kwasieborska Kelle
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Pendant la période socialiste de la Pologne, la politique d’industrialisation de masse conduit à la construction en 1950 de la Nowa Huta1 à Cracovie. Cité industrielle qui incarne le symbole du socialisme, elle transforme la capitale culturelle de la Pologne en ville prolétaire grâce aux flux d’ouvriers à la recherche d’un travail.
Les conditions de travail de la Nowa Huta s’accompagne de rites idéologiques célébrant la dévotion de l’ouvrier à la production. Le 1er mai inaugure le jour de la parade où les travailleurs les plus assidus sont récompensés en arborant le pourcentage d’heures supplémentaires qu’ils ont effectuées. L’ouvrier modèle sert d’exemple à ses camarades afin qu’ils travailllent plus et dépassent les cadences de travail imposées.
Au delà de l’influence que de telles campagnes de propagande ont sur la production, elles participent aussi à l’adhésion politique des ouvriers au régime socialiste. L’organisation scientifique du travail, méthode propre à optimiser le rendement de l’industrialisation, est assistée d’une organisation idéologique où l’ouvrier renonce à l’amélioration de sa condition pour le bien de la production : les cérémonies sont une forme de récompense morale qui se substitue à la rétribution du travail effectué.
Georg Keller et Zosia Kwasieborska Keller réexaminent de façon ironique, par le biais d’un reenactment, les parades idéologiques de la “Nowa Huta” dans le contexte libéral actuel qui valorise le mérite individuel comme fondement de la hiérarchie. Des écharpes décorées de pourcentages d’heures supplémentaires sont ainsi placées à disposition des visiteurs, afin qu’ils endossent publiquement le surcroît de leur production.

Georg Keller (Zoug/CH, *1981)

Formation

2009-2010 Assistant scénographe, Schauspielhaus, Zürich
2003-2008 Master Fine Arts, Haute Ecole d’Art, Zürich

Expositions (sélection)

2011 - Zürich im Bau - Ein Urbanitätsprojekt, Schiffbauhalle, Schauspielhaus, Zürich
2011 - Zwischenlager, Helmhaus, Zürich
2011 - Hauptsitz, Substitut, Berlin, Allemagne
2011 - Firmengeschichten, Zeppelin Museum, Friedrichshafen, Allemagne
2010 - Benefiz-Ausstellung, Kunsthalle, St-Gall
2010 - Swiss Art Awards, Messezentrum, Bâle
2009 - Spiegelladen, VanityFair, Wartesaal, Zürich
2009 - Shifting Identities II, Contemporary Art Center, Vilnius, Lituanie


Zosia Kwasieborska Keller (Varsovie/PL, *1984)

Formation

2007-2008 Haute Ecole d’Art, Zürich
2004-2007 Academy of Fine Arts, Varsovie

Expositions et Happenings (sélection)

2011 - fantastique elastique, Galerie Francesca Pia, Zürich
2010 - « Gespräche im Rockefeller Dining Room », Hause Konstruktive, Zürich
2010 - Gruppenausstellung der aktuellen KünstlerInnen der Stiftung BINZ39, Zürich
2008 - Element (sound installation) Haas Fischer, Zürich
2008 - Body/Geometry. Prof. Kowalski’s Studio, Galeria BWA, Zielona Góra, Pologne
2008 - Zefir, project in a public space, Bundeshausplatz 1, Schweizer Nationalbank, Marks Blond, Berne
2007 - Variants, Zachęta National Art Gallery, Varsovie, Pologne 


Plus d'informations dans le Dossier de Presse ci-Joint


Contacts
Mio Chareteau mifigue(at)gmail.com
Jeanne Gillard jeannegillard(at)gmail.com
Nicolas Rivet rivetnicola(at)gmail.com



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Comments

Une curiosité certaine... je viens...

Pierre Louis AOUSTON

posted by Aouston on Aug. 17 2011 on Aug. 17 2011 reply ·  quote · edit · delete

 

Le projet me semble intéressant mais présenté de manière absconse ,, Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué peut-être n'est pas destiné à "l'homme de la rue" ?? "

posted by anna Receveur on Aug. 18 2011 on Aug. 18 2011 reply ·  quote · edit · delete

 




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