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Syndicat Potentiel Strasbourg

Lieu de création, de rencontres et d'expériences artistiques

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2003 - World Monitoring ATLAS - Bureau d'etudes



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1ère partie : 'gouvernement mondial'

Présentation de 15 nouvelles cartes réalisées par le groupe d'artistes Bureau d'études


Universite tangente actual site

Inauguration lundi 17 février à 18 h

Exposition du 18 février au 15 mars 2003

Cartes et organigrammes

La CARTE géographique est analogique : elle prétend être la copie du monde environnant. C'est à ce titre qu'elle permet de s'orienter, de se repérer quand nous sommes perdu, désorienté, que nous ne savons pas OU nous sommes. Elle transforme l'espace en un langage qui, une fois appris permet de se repérer dans ce qui lui ressemble. L'ORGANIGRAMME, lui, permet de figurer l'espace social, avec ses acteurs (institutionnels, économiques, sociaux, religieux, personnels) et ses relations ou interactions constitutives (administrative, stratégique, amicale, financière, religieuse, politique, etc.). La figuration de TOUTES les relations sociales planétaires (telle qu'elles peuvent être saisies à travers des informations qui en rendent compte) donne idéalement la CARTE de l'espace social mondial avec ses hiérarchies, ses pôles, ses idéologies. Une telle carte, dessinée à partir des relations constitutives de l'espace social, permet de s'y orienter, de savoir OU nous sommes et ou nous en sommes, voire de déterminer ce que nous avons à y faire.

Cartographie gouvernementale

La position de surplomb ouverte par la carte géographique est autorisée par l'espace physique qui peut être survolé. Mais en va-t'il de même de l'espace social mondial ? Voir zénithalement l'espace social permettrait d'agir dessus à la façon d'un général plaçant et déplaçant ses troupes, activant des affects, des représentations, des perceptions (infowar, psywar). De construire des stratégies, de mener des actions tactiques articulées entre elles. Pour cela, les acteurs sociaux devraient avoir une fixité ou du moins une permanence suffisante pour pouvoir être comparés à des choses. Mais à la différence des choses, les acteurs sociaux sont déplacés par d'autres forces, physiques bien sûr, mais surtout psychologiques (peur, jouissance, etc) et informationnelles. La carte-organigramme du pouvoir planétaire essaie de déceler et de décrire la vue zénithale à partir de laquelle un gouvernement mondial, telle ou telle division de ce gouvernement, organise la coercition et met en oeuvre ses fins au gré ou malgré les aléas de l'histoire.

Cartographies en actes

Les agences de presse autant que les gouvernements et les firmes transnationales définissent les ordres de priorité et les ordres díimportance dans les évènements du monde. Le débat mis sur la place public (et notamment líémeute), est une lutte contre le monopole sur la représentation de la réalité, le monopole de production de líinformation légitime détenue par les pouvoirs occidentaux. Quels antagonismes sont ouverts par une cartographie du dispositif de domination, par une identification des stratèges et des stratégies hégémoniques ? Il ne s'agit pas ici seulement de définir des cibles et de dessiner en négatif, des mouvements possibles, des stratégies ou alliances nécessaires. Autrement dit, il ne s'agit pas d'adopter mimétiquement le REGARD dominant. L'espace social étant traversé d'antagonismes, plusieurs cartes s'affrontent avec leurs batteries d'arguments. Chaque carte ne détermine pas de la même façon ce qui fait et ne fait pas sens. De plus, on peut lire une carte de plusieurs façons suivant la position que l'on y occupe, suivant la situation dans laquelle on la regarde. Il y a un antagonisme qui consiste à sortir de l'approche GOUVERNEMENTALE (et cervicale, pourrait-on dire) de la cartographie. La coalition des multitudes se présente comme une cartographie en acte, un opérateur de conceptualisation du genre, la manifestation d'un affect planétaire.

Stratégie de vérité

Dans une stratégie post-clausewitzienne (ou l'overkill est CE qu'il faut éviter) le vivant lui-même, son façonnage deviennent l'objet même de la guerre. Il s'agit de produire l'être et non plus de prétendre à la vérité. La politique ne se pose plus symboliquement (sinon de façon secondaire dans le cadre d'une guerre de l'information) mais biologiquement et psychiquement, par voie électromagnétique, etc. Le symbolique demeure sous la forme de l'info-war autrement dit de la stratégie de vérité (et non plus du régime de vérité). La 'vérité' est construite de façon productive, pragmatique, en fonction des effets qu'elle produit ou des buts à atteindre. On ne peut en ce sens croire à l'antagonisme entre un régime de vérité (prétendant à l'authenticité et retournant du symbolique) et une stratégie de vérité (qui se moque bien de savoir si la vérité est vraie en soi et qui s'interroge plutôt sur la diffusion, la circulation, les effets du message que sur sa production).

Guerres de l'information

'Pour les militaires, le premier but de líinformation est la prise de décisions et, donc, líaction. Meilleure est líinformation (et donc le système de renseignement), meilleure est la décision. (Ö) La guerre offensive de líinformation a pour but díaffecter líinformation circulant de líautre côté ou vers líautre côté, de telle sorte que ' leurs ' décisions soient à ' notre ' avantage. La guerre défensive de líinformation consiste à ' les ' empêcher de faire la même chose contre ' nous '' (Michel Wautelet, désinformation et cyberconflits, Observatoire Européen d'Infostratégie, Strategic-Road.com). La guerre de l'information síeffectue sur un système de traitement de données essentiel : l'être humain. ' L'esprit autant que le corps humain peuvent être trompés, manipulés, ou dé-sinformés, mais aussi anéantis ou détruits exactement comme n'importe quel autre système de traitement de données. Les données que le corps reçoit de sources externes - sources électromagnétiques, vortex, ou ondes acoustiques puissantes - ou crée à travers ses propres stimuli électriques ou chimiques, peuvent être manipulées ou modifiées de la même façon que les données de n'importe quel système matériel ' (Thomas, 'Parameters ', U.S. Army War College, 1998).

Le Syndicat potentiel décrypte le monde

Au Syndicat potentiel, rue des Couples à la Krutenau, d'énigmatiques organigrammes s'affichent sur fond jaune vif. Le Bureau d'études y décrypte le monde : qui le gouverne, comment, etc. Un jeu de piste ludique. La démarche artistique n'a pas pour seule finalité de représenter le monde en suivant au plus près les contours de la réalité. L'artiste est aussi là pour le décrypter, pour l'interpréter. Le Syndicat potentiel, collectif d'artistes autant que lieu d'exposition à « forte dimension expérimentale », travaille dans cette optique. Jusqu'au 15 mars prochain, le 13 de la rue des Couples accueille les cartographies réalisées par Xavier Fourt et Léonore Bonaccini, regroupés sous le nom de Bureau d'études. Pour la réalisation de ces représentations du monde, ils se sont adjoint l'aide de Jean-François Munier.

Influences

« L'art est une mise en mouvement », explique ce dernier. Il décrypte à l'attention du visiteur interloqué ces étranges arabesques qui ornent les murs. « Il s'agit d'identifier le gouvernement mondial », plaide l'artiste. A la façon d'un chercheur qui aurait tenté de mettre au jour les imbrications qui régissent notre planète, les artistes ont conçu de vastes organigrammes censés éclairer les « trois monothéismes », « le gouvernement mondial », et la « concentration des médias ». Des pictogrammes stylisés représentent les gouvernements, les acteurs économiques, actionnaires et filiales, les associations, et « les influences qu'ont les uns sur les autres »... Les artistes, après de longues recherches, ont ainsi élaboré une représentation schématique d'un monde « mondialisé » qu'ils dénoncent. « On est submergé par des flux d'informations, mais très peu permettent de redonner un sens, de relier les choses », analyse Jean-François Munier. Le simple fait de se pencher sur ces cartes permet en tout cas de s'interroger sur le fonctionnement du vaste monde...

DT

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